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L’Orchidée Moulengui : lire, écrire et transmettre au cœur du livre africain

Lire pour exister, écrire pour survivre, transmettre pour faire vivre les livres : telle pourrait être la devise de L’Orchidée Moulengui. Auteure gabonaise et passionnée de médiation littéraire, elle s’impose comme une voix active dans la valorisation du livre africain et la construction de nouvelles communautés de lecteurs.

Originaire de Libreville, au Gabon, L’Orchidée Moulengui se définit en une formule simple mais puissante : « Je lis donc je suis ». Une phrase qui résume à elle seule son rapport au monde, au savoir et à la littérature. Chez elle, lire n’est pas un loisir ; c’est une manière d’exister, de comprendre la vie et d’en interroger les zones d’ombre.

C’est pourtant dans l’épreuve que naît son rapport à l’écriture. En 2016, après le décès de son père, elle trouve dans les mots un refuge. Une manière de traverser le deuil, de mettre des formes sur l’absence, d’explorer ce que la douleur révèle de l’humain. Cette expérience fondatrice marquera profondément son univers littéraire.

Depuis, elle écrit principalement de la poésie et de la nouvelle, deux formes qui lui permettent de saisir l’intensité des émotions et la densité des silences. Son écriture s’intéresse aux parts les plus sombres de l’existence. Elle le dit elle-même : elle aime écrire sur « la noirceur et la laideur de la vie ». Une démarche littéraire qui refuse les artifices et préfère sonder les fractures, les ruines intérieures et les héritages invisibles.

Ses thèmes de prédilection sont révélateurs : la mort, le deuil, la famille, le mysticisme, les ruines. Une matière brute qu’elle transforme en récit pour mieux interroger notre rapport à la mémoire, au destin et aux liens humains.

Son parcours d’auteure est déjà jalonné de plusieurs collaborations importantes. Parmi ses publications figurent Boupendza n’était pas hors-jeu (2022), Chroniques du Gabon (2022), Celle qui allait danser avec les morts et autres nouvelles (2023) et Regards croisés sur la vie quotidienne (2025).

Sa dernière publication, Regards croisés sur la vie quotidienne, est un recueil collectif né de son club de lecture Le Rendez-Vous Des Mots. À travers plusieurs nouvelles, l’ouvrage aborde des thématiques fortes comme le deuil, le mariage, la mort ou encore le fétichisme. Une œuvre qui témoigne de son goût pour les récits qui dérangent autant qu’ils éclairent.

Son univers littéraire s’est construit au fil de lectures marquantes. Parmi elles, L’étrange destin de Wangrin d’Amadou Hampâté Bâ, Au bout du silence de Laurent Owondo ou encore Le bruit de l’héritage de Jean Divassa Nyama. Des auteurs qui ont façonné son regard sur la littérature africaine et sur le rôle essentiel de la transmission.

Mais L’Orchidée Moulengui ne s’arrête pas à l’écriture.

Depuis 2018, elle mène un important travail de promotion du livre en Afrique, notamment à travers son blog, sa chaîne YouTube Mon Univers Livresque et son émission web Portraits Livresques. Son engagement repose sur une conviction simple : lorsqu’un livre la touche, elle ressent le besoin irrépressible d’en parler. Faire une chronique devient alors une extension naturelle de sa lecture.

À travers vidéos, lives, clubs de lecture et événements physiques, elle contribue à créer des espaces de dialogue autour des livres. Son action touche une communauté répartie bien au-delà du Gabon : en France, en Belgique, en Suisse, en Suède, en Inde ou encore aux États-Unis. Une preuve que la médiation littéraire, lorsqu’elle est sincère et constante, dépasse rapidement les frontières.

Parmi ses plus grandes fiertés figure justement la création du club Le Rendez-Vous Des Mots, un espace vivant où les lecteurs confrontent leurs interprétations et cultivent ensemble le goût de la lecture.

Son travail a déjà été récompensé à plusieurs reprises, notamment avec le Prix d’encouragement catégorie littérature au Salon International Féminin du Livre et des Arts Gabonais 2024, le titre de Femme blogueuse de l’année aux Digie Women Awards 2024, ainsi que le Prix FILIGA du Promoteur Littéraire Gabonais.

Lorsqu’elle parle de son rôle dans l’écosystème du livre africain, sa vision est limpide : elle se voit comme celle qui crée la rencontre entre les livres et leurs lecteurs. Une médiatrice, en somme. Une passeuse de texte. Et peut-être est-ce là l’essentiel.

Car à travers son parcours, L’Orchidée Moulengui rappelle que la littérature ne se résume pas aux œuvres publiées. Elle vit aussi dans celles et ceux qui les lisent, les racontent, les partagent et les font circuler. Et dans cette mission-là, elle occupe déjà une place précieuse.

Crédit Image: Digixio Studio

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Je confirme vos propos.Je suis membre actif du club de lecture le Rendez-vous des mots dont L’orchidée est la présidente.

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