Elle signe sous le nom de KD Balkiss. À Yaoundé, Diwongui Bidias Khadjidja Belquissou écrit depuis l’âge de 12 ans des récits où l’amour ne va jamais sans son ombre. Slam, poésie, théâtre, jeunesse et romance psychologique : en quelques années, elle a publié cinq œuvres et trouvé sa voix — celle d’une plume qui préfère les secrets de famille aux histoires faciles. Portrait d’une auteure qui creuse.
Écrire pour dire ce qui ne se dit pas
Tout commence tôt. À 12 ans seulement, Khadjidja Belquissou Diwongui Bidias prend la plume, d’abord comme un moyen d’exprimer ses émotions, puis comme un espace pour donner une voix à des réalités souvent passées sous silence. Ce qui commence comme un exutoire devient, au fil des années, une véritable passion et un engagement assumé.
Aujourd’hui installée à Yaoundé, elle écrit sous le nom de KD Balkiss, également connue sous l’appellation Queen Balkiss sur les réseaux. Une signature qui accompagne désormais cinq ouvrages publiés, et une plume qui ne s’est jamais cantonnée à un seul genre.
Slam, poésie, théâtre, jeunesse : une plume aux mille formats
KD Balkiss ne se laisse enfermer dans aucune case. Slam, poésie, littérature jeunesse, théâtre et roman composent une palette qu’elle explore avec la même sincérité. Elle décrit elle-même sa plume comme « sensible, engagée et authentique » — un mélange d’émotions brutes, de résilience et de questionnements sociaux qui traverse l’ensemble de son travail, quel que soit le format.
Elle revendique par ailleurs ne s’appuyer sur aucune référence littéraire précise : ni auteur, ni livre cité comme modèle. Sa plume s’est construite seule, au fil de l’expérience et de l’écriture répétée, une trajectoire d’autodidacte qui rend sa singularité d’autant plus frappante.
Une bibliographie qui grandit vite
En l’espace de deux ans, KD Balkiss a publié cinq ouvrages : Ngozi, pourquoi ? (2024), L’empreinte de la couleur (2025), puis en 2026 un triptyque composé de Shadow, Djamila, les secrets enfouis et Je me choisis. Un rythme de publication soutenu, qui dessine une auteure prolifique et déterminée.
Son dernier roman, Shadow, donne le ton de son univers : Belavissa Dias, professeure de mathématiques marquée par la perte de son fils, voit sa vie basculer avec l’arrivée de Shadow Vercruz, mystérieux étudiant et voisin de 36 ans. Une attirance magnétique et interdite s’installe entre eux, nourrie d’échanges nocturnes, malgré les rumeurs qui enflamment le campus. Cet équilibre clandestin est bientôt menacé par le retour méprisant de son fils Rafael, et par la menace imminente de son ex-mari.
La spécialiste de la romance sombre et psychologique
Comme beaucoup d’auteurs de sa génération, KD Balkiss pointe une difficulté centrale : trouver un éditeur capable d’assurer une promotion sérieuse de ses romans, et de prendre en charge les frais d’édition en se rémunérant sur les ventes. Un constat partagé par de nombreux jeunes auteurs camerounais, et qui rappelle combien la chaîne du livre reste à consolider sur le continent.
Malgré cela, son ambition ne faiblit pas : parmi ses projets, elle cite l’envie de remporter un prix littéraire ou un concours d’envergure — sans hésiter à viser haut, jusqu’au Nobel. Une détermination qui, à elle seule, dit beaucoup de l’énergie qui anime cette jeune plume.
Une voix qui ne fait que commencer
À travers le slam, la poésie, le théâtre, la jeunesse et le roman, KD Balkiss construit une œuvre cohérente autour d’une même obsession : ce qui se cache sous la surface des êtres et des familles. Cinq livres en deux ans, une identité d’auteure déjà affirmée, et une ambition qui ne demande qu’à trouver les bons relais éditoriaux pour rayonner au-delà de Yaoundé.




